Plaire, aimer et courir vite : portraits de séxualités

2760065Nous sommes en plein Festival de Cannes, où est sorti il y a quelques jours le dernier film de Christophe Honoré, au titre long et intrigant. Christophe Honoré est l’un de mes réalisateurs préférés, notamment pour Les Chansons d’amour et Les Bien-aimés que je regarde encore souvent. Cet homme génial nous offre cette fois-ci un film portant sur un sujet tabou : le SIDA, et plus largement l’homosexualité dans les années 90. Salué à Cannes par de longs applaudissements (+6 min), Honoré coche, à mon sens, toutes les cases qui pourraient lui donner la Palme d’Or : émotions, superbes acteurs, vrai travail de mise en scène, sujet d’actualité dérangeant et BO recherchée. Mélange explosif donc, à voir absolument.

Le film suit les pas de Jacques, environ 35 ans, un écrivain ayant eu pas mal de succès avec ses romans et pièces, mais qui ne fait manifestement plus grand chose. Il vit dans le 13e avec son fils Loulou, et est très ami de son voisin du dessous, Matthieu. On comprend très vite qu’il est homosexuel, et qui plus est atteint par le SIDA, et volage. En parallèle, nous rencontrons Arthur, 22 ans, jeune homme breton vivant à Rennes ou pasbien loin, un peu perdu dans sa vie et son homosexualité qu’il n’arrive pas encore à assumer auprès de son entourage. La rencontre fortuite de ses deux hommes dans une salle de cinéma va provoquer bouleversements et étincelles dans les vies de ces deux hommes que tout, ou presque, sép

En dehors de l’intrigue principale romantique et magnifique, le film aborde le thème du SIDA, en particulier des premiers traitements de l’infection dans les années 90. On voit les symptômes, l’évolution de cette maladie que l’on contient aujourd’hui assez bien mais que l’on ne sait toujours pas soigner. On voit aussi et surtout la dégénérescence des corps et des esprits, la culpabilité provoquée par les abus d’une sexualité c

ompliquée à vivre dans ces années et le désespoir de voir la mort se rapprocher trop vite, inéluctablement.

Un film très dur donc, mais aussi très beau, plein d’énergie et de fougue.

Cabardes-AOP-Les-Plos-Reserve-75cl
Pour accompagner ce film, je suis un peu perplexe, car tant d’émotions et de puissance sont déstabilisantes. J’ai fini par arrêter mon choix sur un vin que j’ai découvert il y a quelques années et que j’aime énormément, la cuvée « Réserve » du domaine Les Plos. Ce vin est très riche et complexe en épices et fruits, mais garde une légèreté en bouche qui lui donne une fraîcheur et une énergie qui feront ressortir à merveille les notes sensuelles et pourtant tristes de ce beau film.

C.

 

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